A la question posée " Quelle différence ? " , il répond :
- "L'exil est un départ involontaire, un séjour forcé, un acte sans désir. L'exode est une libération et une aventure, un départ désiré, un acte volontaire ";un commencement.
Si naître était un exil, vivre serait un grand malheur. Il est des jours où je ne suis pas loin de le penser mais heureusement, il y a tellement de choses qui me comblent de joie ici-bas, que je comprends bien que de là- haut, le désir d'être se fasse sentir. Mais pourquoi ce besoin ? Ne puis-je trouver ma complétude dans " l'En-haut " loin des problèmes matériels et des espoirs déçus ? Pourquoi ce " Va vers toi -même ? " Pourquoi " moi-même " se situerait-il en bas quand je suis en haut et en haut quand je suis en bas ? C'est donc que ce moi-même se trouverait à la fois en haut et en bas. Ce n'est sans doute pas très confortable mais c'est sans doute ce qui fait dire à Rabbi Isaac que tout est UN.
Mais si ma réalité terrestre dans ce corps qui héberge aussi mes émotions et mes pensées n'est pas un exil mais un exode - dans le sens de libération, d'une aventure, d'un commencement-, c'est que le souffle divin a besoin de la vie pour se perpétuer. Il est la Vie.
Admettons que j'ai choisi de naître. Je me souviens enfant, avoir dit à ma mère quand elle semblait me rejeter : " Je n'ai pas demandé à naître ". Dans les moments où je pleurais en me disant " Personne ne m'aime " , j'en voulais à mes parents de m'avoir mise au monde. Et bien selon le Kabbaliste, j'avais tout faux. Je ne suis pas née parce que ma mère ne prenait pas la pilule (qui n'existait pas encore) mais parce que le désir d'être m'a imposé d'aller vers moi-même ; même si je ne sais pas pourquoi. L'exil c'est précisément ce " je n'ai pas demandé à naître. Si c'était pour être malheureuse, j'aurais préféré ne jamais être là ". Ces reproches envers ma mère, j'aurais tout aussi bien pu les adresser à Dieu mais malgré des parents athées, j'ai eu très tôt l'intuition que celui là pouvait m'aider à trouver un sens à ma vie. Mais si je n'avais pas été née, aurais-je été plus heureuse ? Aurais-je simplement su ce qu'étaient le bonheur et le malheur ?
L 'exil, c'est être brinqueballé dans l'existence en ayant l'impression de n'avoir rien choisi. C'est pratique : C'est la faute à mes parents, à la société et peut-être même à Dieu ! L'exil , c'est un peu comme être viré de l l'En- haut vers l'En-bas comme un oiseau tombé du nid. S'il n'est pas trop immature, l'oiseau n'a plus qu'à essayer de déployer ses ailes pour tenter de survivre. De l'En-haut à l'En-bas, rien n'est aussi dramatique pour nous et nous n'avons pas besoin d'ailes pour retourner d'où nous venons.
L'exode, c'est ce sens que Dieu donne à ma vie qui fait que je ne lui ai jamais reproché d'être née. Mais c'est surtout l'acceptation de ma totale responsabilité dans le fait mêmede vivre. Si je suis là sur terre, c'est que je suis venue y faire quelque chose. Je le savais avant de partir puisque j'ai désiré aller vers moi. C'est paraît-il ce qui a motivé ma naissance puis après j'ai complètement oublié le pourquoi et le comment.. Ma " feuille de route spirituelle " s'écrit jour après jour et pas seulement sur ce blog ( heureusement !) Mais peut-être est-ce mieux de ne pas savoir d'avance quel était mon désir d'être . D'abord ça me permet de le découvrir peu à peu et d'autre part si je le savais, je serais tentée de prendre des raccourcis pour arriver plus vite à mon but alors que le plus important c'est sans doute le chemin.
Lire : L’Âme de l’âme