« Je suis traversée de toutes part par Auschwitz : au croisement la judéité de mon père, répond l’enfance de ma mère dans un pays nazi ( avec une réalité plus complexe que l’on pourrait supposer puisque sa tante catholique a épousé un juif en pleine montée de l’antisémitisme) Pour compléter la cacophonie l’enfant que j’ai mis au monde porte en lui toute la complexité du questionnement sur le nazisme. Au bout de ce chemin, j’espère encore parvenir à me relever si l’amour ne m’abandonne pas en cours de route ».
« Pour moi, l’amour est le seul vrai message du Christianisme. Jésus a été clair à ce propos mais je pense que son message ne doit pas être si différent de celui des autres religions. « Aimer son prochain » , « aimez vous les uns, les autres ». .. Si toutes les religions étaient ramenées à cet essentiel qu’est l’amour, il n’y aurait jamais de guerres ni ces abominations commises au nom de Dieu. ,Je me sens proche du christianisme par la notion du pardon qui est la forme ultime de l’amour. »
« En y réfléchissant bien, je ne vois pas pourquoi il me faudrait me sentir responsable (de ce qui est arrivé à un moment où je n’étais pas née.
Personne n’a à être tenu pour responsable de ce qu’ont fait les générations précédentes ni même de ce qu’ont pu faire les ancêtres de son pays ou de sa religion. Je ne suis pas responsable du nazisme. De la même façon aucun juif ne peut être tenu pour responsable du fait ce que ses ancêtres n’ont pas reconnu Jésus et l’ont livré aux Romains. Tant qu’à faire, j’aimerais aussi m’affranchir de toute culpabilité face au péché originel » ;
« Je me sens responsable de ce qui se passe aujourd’hui si je ne fais pas tout ce qui est en mon pouvoir pour empêcher les discriminations dangereuses. Pendant que certains vont s’accuser pour les horreurs du passé, ils ne voient peut-être pas celles qui se profilent et qui ne portent pas seulement sur les religions. Rappelons aussi que le nazisme a éliminé au moins cent mille handicapés sans doute parce que l’idéal de race supérieure n’admettait pas les faibles mais aussi parce qu’ils coûtaient cher à la société.
Qui peut affirmer aujourd’hui que la tentation d’exclure ceux qui ne sont pas « employables » n’existe pas ? La responsabilité c’est donc la vigilance citoyenne partout où il pourrait y avoir des risques de dérapage. C’est aussi ceci que doit nous apprendre Auschwitz. »
Marthe | 07.07.2007 en commentaire sur le blog Connaissance : blogs du nouvel obs 07.07.2007 L'affrontement des religions renvoie l'humanité à son errance métaphysique